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Danilson Da Cruz, Dany le rouge... et blanc.

Danilson Da Cruz, Dany le rouge... et blanc.

Seulement un des trois autres "Dany" accompagne notre Danilson dans le texte. Ouvrez l'oeil !

Si j’en crois les chiffres (probablement bidonnés) rapportés par Corner à la Rémoise (CalR), vous avez été très nombreux (près de 300 lecteurs ! ndlr) à plébisciter ma chronique de dimanche dernier. Cette affluence inattendue tout autant qu’inespérée sur ce blog anonyme et qui peine à se faire une place sur la toile a incité les responsables de CalR à me re-solliciter pour rédiger une nouvelle chronique. J’ai bien évidemment accepté à plaisir cette proposition. J’avais auparavant pris soin de réviser à la hausse mes émoluments ! Vous ne pensez pas que je vais laisser CalR se gaver à si bon compte sur mon dos ! La discussion a été cordiale, âpre, constructive et les deux parties ont fait valoir avec franchise leurs arguments. Ah, je les ai niqués ces enc… de CalR, ils ont fini par céder ! Euh, pardonnez mon égarement, je voulais juste dire qu’un compromis acceptable pour les deux parties a été trouvé. Pour avoir rapidement discuté de mon accord signé par CalR avec l’agent de Neymar, il m’a dit : "C’est pas mal. J’ai pu t’avoir plus, mais c’est pas mal…". Je suis assez satisfait.

Donc me voilà revenu devant mon clavier.

Le sujet du jour est le respecté capitaine du Stade de Reims : Danilson Da Cruz.

La dernière fois que j’avais rendu hommage sur le net à un joueur du Stade de Reims, il s’agissait de Franck Signorino. Il faut dire que je trempe plus souvent ma plume dans l’acide -citrique, exceptionnellement sulfurique- que dans le patchouli ou l’essence de violette. J’ai plus de facilités à critiquer qu’à complimenter. Mais on ne se refait pas… A l’époque mon billet consacré à Franck, et aujourd’hui devenu introuvable, avait été diffusé par un site qui a disparu pour vaguement renaitre sous une autre format depuis. Il s’appelait "Olaaa.fr" ou un truc comme ça. C’est dire l’inconscience et la tendance franchement suicidaire de mes amis du CalR qui s’entêtent à me réclamer des billets (et qu’au passage je remercie encore pour l’enveloppe remplie de billets plus riches en couleur que les miens que j’ai bien receptionnée…). Je note aussi que le droit à l’oubli sur internet que beaucoup revendiquent existe donc, au moins pour Franck Signorino et je trouve cette situation très injuste.

Etre capitaine d’une équipe de foot n’est pas sinécure. Encore moins au Stade de Reims. Tacalfred l’a appris à ses dépens. Lui qui pensait que le brassard lui fournirait un totem d’immunité l’autorisant à finir ses jours à Muizon s’est vu remercié sans ménagement un beau matin. En acceptant le capitanat, Dany savait donc que la partie allait être serrée. Mais, retenez-le Dany est un homme de défi. C’est l’homme de tous les défis.

Chacun sait que pour toute situation, il existe une chanson qui y correspond. Je pense qu’il existe trois grands types de capitaines. Le premier type est du genre hautain. La meilleure représentation est d’imaginer Gaëtan Charbonnier portant le brassard... Belle image, hein ! Musicalement, c’est La Bamba de l’inoubliable Ritchie Valens (à revoir illico sur : https://www.youtube.com/watch?v=Coy8Hoa1DNw). Pour Ritchie, c’est "no soy marinero, soy capitan". Comme à chaque fois que je rencontre une difficulté avec la langue de Cervantes, j’ai interrogé mon ami hispanophone autant que fidèle supporter du Stade de Reims Jean Louis Lopez (@jeanlouislopez) pour la traduction de cette phrase. "Je ne suis pas un marin, je suis Capitaine" m’a répondu Jean Louis dont la retenue et la bonne éducation sont légendaires. Traduire par : "Je ne suis pas une merde, je suis Le Capitaine" reflète mieux la pensée de Ritchie. Et celle de Gaëtan par la même occasion.

Le deuxième type de capitaine trouve sa métaphore à travers Gold et son "Capitaine abandonné". Je vous accorde quelques minutes pour vous replonger dans l’ambiance (https://www.youtube.com/watch?v=aoiuUJ6JqWQ). Eh oui immédiatement vous l’avez reconnu : c’est des hommes d’Anthony Weber dont il s’agit… "Ils sont partis pour gagner… ils ne sont jamais rentrés…". Bon, ok, ça irait aussi pour Der Zak et Rizzetto. Mais on parle de capitaine !

Le troisième type, vous l’avez déjà deviné, c’est celui de notre Dany. Merveilleusement interprêté dans Wot  par Captain sensible : "He said captain, I say wot…" (https://www.youtube.com/watch?v=_pqC563bX_w). Pour la traduction de l’anglais, je me débrouille seul, merci. Alors bien sûr, musicalement c’est pas Wolfgang Amadeus Mozart ni Jean-Baptiste Lully. Y a que deux accords, trois notes et les arrangements sont minimalistes. C’est pas totalement académique mais c’est tellement efficace ! ça marche ! ça percute ! On entend ça une seule fois et aussitôt on bouge les épaules, on balance les hanches et le tempo reste dans la tête pour toute la journée. "He said captain, I say wot…" "He said captain, I say wot…" Ben, c’est bien ce que je disais, c’est tout Dany. Ni classique ni complexe mais il fait le taf avec une efficacité redoutable. "He said captain, I say wot…"

Comme capitaine et comme joueur, Dany porte une grande responsabilité dans la saison exceptionnelle du Stade de Reims que nous venons de vivre. Je lis par endroit que la Ligue Française de Football ferait tout pour favoriser le retour du FC Lorient dans l’élite. Ceux qui prétendent ça disaient l’an dernier que la Ligue Française de Football faisait tout pour favoriser le retour du Stade de Reims dans l’élite. Et on connait la fin… Disons-le tout net, depuis trois ans, la Ligue Française de Football fait tout pour favoriser la venue de Danilson Da Cruz dans l’élite. Pari raté avec le Red Star, raté avec le Stade de Reims l’an dernier mais pari gagné cette saison. La Ligue ne peut plus se cacher…

Dany le reconnait lui-même, il n’est pas le joueur de foot le plus technique… (au passage, notez bien que Dany manie l’euphémisme comme personne). Il l’a dit sur https://www.dailymotion.com/video/x6it71p. Mais Dany n’a pas besoin d’être technique, il a inventé le foot-naïf à lui seul. Il en est le porte-parole. Comme le Douanier Rousseau qui n’avait jamais appris les rudiments de la peinture a créé l’art naïf en suivant son instinct, Dany a créé le foot naïf. Je n’ai pas vu tous les matches du Stade de Reims cette saison et je n’ai pas lu tous les livres de @thdco51 sur les peintres maudits, qu’ils soient naïfs ou pas, mais cela ne m’empêche pas d’avoir une opinion bien tranchée sur les deux sujets. Parlons uniquement foot. Dany est une école, un style à lui seul. Quand face à un ballon flottant à mi-hauteur et dans ses propres 6 mètres Messi tenterait un contrôle intérieur du pied en pleine course, Ronaldo irait de son porte-manteau suivi d’un contrôle orienté, Dany, lui y va calmement de sa chandelle extérieur du pied avec un lift énorme. Stratégie de la surprise totale, du désarçonnement de l’adversaire. Car Dany réalise sa chandelle avec un positionnement du corps qui fait croire à l’adversaire qu’il va tenter un contrôle intérieur du pied en pleine course (ou parfois un contrôle en porte-manteau ou parfois les deux à la fois). La chandelle n’est qu’un prétexte à une passe millimétrée (ouais, plus exactement quasi millimétrée) à un Chavalerin admiratif, et passe réussie après rebond du ballon à moins d’un mètre d’un adversaire tellement médusé qu’il en est resté pétrifié. On appelle ça le talent brut, le football naïf.

Outre le fait qu’il a créé une nouvelle voie pour la technique du football, Dany est aussi un altruiste sur le terrain. Cette qualité lui a valu de fédérer l’équipe autour de lui. Il suffit de le voir courir pour enlacer le buteur à chaque fois que le Stade marque pour constater qu’il sait insuffler à ce buteur le bonheur d’avoir aidé l’équipe. Sa course effrénée est un antidote à toute jubilation personnelle et individuelle. A chaque fois qu’un joueur marque un but, je pense que Dany va lui dire à l’oreille un truc comme "Mais comment t’as fait ça, j’en aurais été totalement incapable". Dany sait comment faire pour que ses co-équipiers se sentent important pour l’équipe. Quand un joueur rate une passe, je crois que Dany l’encourage et le réconforte d’un : "T’inquiète, j’aurais certainement pas fait mieux…" C’est quand même mieux que les engueulades incessantes de Der Zak. C’est pour ça que Dany est aimé de ses coéquipiers. C’est pour ça que cette année, le Stade de Reims a formé une famille.

Si je lis à travers Dany comme dans un livre ouvert, le président Caillot représente un sujet plus mystérieux pour moi. Pourquoi le Président Caillot, ami intime de Nicolas Sarkozy, est-il allé dégotter Dany en banlieue Parisienne ? Pourquoi l’a-t-il sorti des banlieues socialo-communistes où il se complaisait. De Saint-Maur à Issy les Moulineaux en passant par le Red Star, Dany n’avait fréquenté avant de signer au Stade de Reims que des supporters encartés au Nouveau Parti Anticapitaliste ou chez les Insoumis. On imagine plus Dany défilant le 1er mai derrière l’étendard de Sud que celui de Médef. Alors derrière l’étendard agité par Francky, j’aurais jamais cru voir ça. Bon orateur, Dany avait plus de facilités pour réciter les paroles de l’Internationale que de déclamer le texte gnangnan du "Diego on t’aime, Diego on t’adore…". Dany avait le profil idéal pour signer à Aulnay-sous-Bois ou à Sevran. Quelle mouche a pu piquer le Président Caillot ? Je ne sais pas…

En ce beau mois de mai 2018 où la France célèbre les 50 ans de l’épopée de Dany le Rouge, qui vient de publier "Sous les crampons" - encore un livre que je n’ai pas lu - nous avons le privilège de célébrer égoïstement l’épopée de Dany le Rouge et Blanc. L’histoire retiendra que sous son capitanat le Stade de Reims a retrouvé une nouvelle fois sa grandeur. Après tant d’années, un bref retour, une éclipse, le boulevard de la gloire s’ouvre de nouveau devant nos héros, notre cœur s’enflamme, c’est le Stade de Reims qu’on aime qui nous est revenu… comme un boomerang.

Je sens des boums et des bangs

Agiter mon cœur blessé

L'amour comme un boomerang

Me revient des jours passés

A s'aimer comme des dingues

Comme deux fous à lier.

 

Oh wait, mais ça c’est… Dani (https://www.youtube.com/watch?v=OgmAy9e8fpA). Quand je disais que pour chaque situation, il existe une chanson... et un Dan(i)y.

 

photo : @VincentLapauw-SDR

 

Jérémy Zedeprix - @Au2lN

Danilson Da Cruz, Dany le rouge... et blanc.