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Clean sheet et matchs de merde...

Clean sheet et matchs de merde...

Ne pas prendre de but vous sécurise. Mais l'objectif ne devrait-il pas être (une fois que l'on est rassuré défensivement) d'en marquer au moins un ? ou un de plus que l'adversaire ? On moque un Montpellier restrictif, où marquer dans le jeu est un miracle mais quelle science sur les coups de pieds arrêtés ! Pourtant Mollet ou Lasne n'ont pas le pedigree d'un Marvin Martin dans le domaine... Le titre de cet article est volontairement provocateur et joue sur les mots. Nous ne sommes qu'à la 8ème journée après-tout...

Occultons donc la solidité rémoise (un bon point pour Guion) pour parler du fond de jeu, enfin de ce qu'il en reste. L'an dernier, Guion avait choisi un jeu sur les côtés dans un 4-4-2 à plat. Koné-Diego, Métanire-Oudin, Dany-Chavalerin et Chavarria-Pefok constituaient des duos dont les mouvements tactiques étaient clairs. Qu'importe le système du coach champenois cette saison, on ressent peu de complémentarité, aucun liant alors qu'individuellement les joueurs semblent de qualité. Il se cherche, changeant les jeunes Ojo ou Oudin de positionnement à chaque match, en donnant du temps de jeu à Ndom ou Kamara mais encore une fois aucune identité ne ressort. Le SDR 2017-18 n'était pas le Brésil 1970 mais en regardant les matchs on reconnaissait la patte de l'entraîneur.

Certes les recrues sont arrivées tardivement et il est plus facile d'intégrer un défenseur qu'un attaquant (la preuve avec Engels) mais n'oublions pas la faiblesse des matchs de Doumbia avant sa blessure ! Après deux matchs intéressants où il fallait avant tout défendre contre Nice et Lyon, le malien, avec davantage de possibilité offensives, s'empêtrait dans des courses individuelles, oubliant Konan. Ce duo devait - ou doit devenir une force, à Guion de faire comprendre à l'ex joueur de Rostov que le football se joue à onze, comme au jeune Cafaro partout et nulle part à la fois, qui tire quasiment tous les coups de pieds arrêtés... sans succès. Quand Chavalerin ou le capitaine Martin s'en charge, même résultat. Il y a clairement un manque de travail tactique sur ces phases de jeu devenues essentielles dans le football moderne. Trouver le mètre quatre-vingt quatorze de Engels sans oublier Suk ou Yunis est-il si complexe ? Un atelier ball-trap ou chamboule-tout semble opportun.

Guion et son staff ont la main mais... Au Parc, les joueurs sont venus avec "le short baissé" comme dirait Daniel Riolo sur RMC quand une équipe ne cherche même pas à jouer un minimum. Tu mènes 0-1 mais non, comme tu t'es mis dans la tête que tu allais en prendre quatre, tu ne cherches même pas à résister. Hormis ce match parisien, les joueurs ont envie, rien à redire là dessus mais sont perdus dans le néant offensif. A force de défendre, Guion ne risque t-il pas de perdre ses joueurs ? Nous n'en sommes pas encore là et ses légers ajustements (Oudin entrant à son poste, duo d'attaquant, Foket à droite) doivent tendre à un léger optimisme.

Le match : Face à Bordeaux on a débuté en 4-4-2 losange avec (enfin !) le duo argentino-coréen en pointe. Comment voulez-vous juger la performance de Pipo et Mario si on leur lance des quilles enflamées, autrement dit des parpaings mal ajustés par nos pseudos techniciens Martin et Cafaro. Alors que les pauvres Konan et Foket multipliaient les appels, décalages à la clé, nos deux meneurs de jeu s'empêtraient dans un jeu mi-distance foireuxn alors que le trio bordelais au milieu étaient composés de seconds choix. Et ce n'était pas faute d'être alimenté par un trio défensif Engels-Abdelhamid-Romao très solide !

J'ai repris globalement le positionnement observé des joueurs devant mon écran. Le losange concentre naturellement un vivier d'éléments au centre mais on voit que Martin et Cafaro se sont vites retrouvés à avoir le même rôle, Martin s'effaçant par un manque criant de capacité physique à répéter les efforts, ce que Cafaro fait, même maladroitement. On a également pu voir la volonté de Konan et Chavalerin d'apporter sur le flanc gauche tout en assurant une base défensive. Techniquement ce duo a fait un bon match mais pour que l'équipe fructifie cela, il aurait fallu que Martin ou Cafaro soient capables de renverser le jeu sur un Foket qui n'attendait que ça. La lenteur des passes au sol, sans aucun jeu en triangle, sans démarquation a régalé des girondins venus, comme les dijonnais faire un 0-0 moisi. On peut également voir les 20 à 30 bons mètres entre les milieux organisateurs et nos attaquants, d'où la multiplication des ballons en hauteur à mi-distance. Un Suk ou un Chavarria a alors moins de chance de parvenir à contrôler un ballon mal dosé et dans les airs que sur une simple passe au sol.

Le grand mérite de Guion est de ne pas s'empêtrer dans un système et de savoir varier les systèmes tactiques. Mais 4-4-2 losange, à plat ou 4-2-3-1 peu importe si les joueurs ne sont pas fichus de faire trois passes de suite vers l'avant ! Encore une fois il y a (et ce n'est pas pour taper gratuitement) un manque évident d'assurance technico-tactique. Ojo a joué ailier gauche contre Dijon puis Paris, terminant la dernière demi-heure en 9 puis pour entrer milieu droit contre Bordeaux. Exemple des matchs précédents, Oudin milieu droit en L2 alors que Reims se baladait, n'a pas les ressources pour défendre autant. Il en perd toute spontanéité offensive. Guion chercherait-il à faire comprendre à ses joueurs qu'ils sont capables d'être performants par leur polyvalence ou alors ne sait-il pas où les faire jouer ? Le mercato m'a clairement plu mais une erreur a été commise en occultant un pur milieu droit ou gauche, capable de faire la transition défense-attaque. Facile à dire aujourd'hui mais le staff ne s'est-il pas trompé en développant un 4-2-3-1 en préparation alors qu'il n'a pas les joueurs pour ? Ou est passé le jeu de transition qui à la récupération du ballon faisait exploser les appels de toutes parts prenant à revers l'adversaire ? Martin est bouilli, Ojo, Oudin ou Doumbia plus des ailiers ou attaquants que des milieux. Ce constat clairement négatif doit tout de même nous rendre à l'évidence. Nous jouons le maintien, une 15è place a été budgétisée donc patience ! Il faut dire les choses, chacun ayant sa vision (je vois de vraies qualités balle au pied chez Ojo ou Suk quand d'autres se demandent ce qu'ils font là). Le supporter a besoin d'exorciser sa frustration en pointant du doigt certains éléments plus que d'autres, l'affect entrant aussi en ligne de compte.

Place donc à la deuxième période de ce légendaire Reims-Bordeaux. Revenant à son 4-2-3-1 originel, Guion veut éviter que Cafaro et Martin ne se marchent sur les pieds. Cafaro distille un sublime centre de la gauche pour Chavarria qui ne peut pousser le ballon au fond des filets, comme sur l'action qui suivra avec un semblant de jeu en triangle entre Romao-Foket dont le centre s'échappe de peu devant l'attaquant gaucho. Le Stade revît, joue vers l'avant plus par envie que par principes de jeu clairs.

Reims a la maîtrise de la possession, récupère tous les ballons. La gare de triage Romao-Chavalerin fait le boulot pendant que Foket et Konan multiplie les aller-retours sur les flancs. L'équipe est équilibrée mais semble jouer à 10, son capitaine invisible ne trouvant jamais sa place alors qu'il est censé être le rouage technique numéro 1... Cette option sera conservé jusqu'à l'entrée de Hassane Kamara en milieu gauche puis de Ojo à droite dans un 4-4-2 à plat. Le premier cité apporta une vitesse et une envie décuplée, le second, peu servi, réussi à obtenir quelques coups francs, toujours aussi mal tirés par Chavalerin ou l'anglais lui même. Suk fatigué sera à son tour remplacé par Oudin retrouvant son poste de prédilection en soutien de l'attaquant. Les velléités sont là, le résultat malheureusement ne change pas avec un bien morne 0-0.

Ce 4-4-2 a permi de reconstituer des duos. A signaler de nouveau le carré défensif qui s'evertua à relancer sur les latéraux de plus en plus hauts sur le terrain. Mais comme c'est l'animation qui nous intéresse, Foket-Ojo mais surtout Konan-Kamara ont cherché à jouer au sol, vite et du mieux possible, en totale inversion avec la tactique du début de match faite de longs ballons. Malgré tout, un manque de jeu en profondeur depuis le début de saison est criant. Les joueurs ont rarement la bonne distance entre eux (exemple Foket-Ojo). Guion a donc, et c'est là que ce trouve un espoir de jeu, des ressorts tactiques mais l'amalgame doit se faire rapidement. Il devrait s'inspirer des coachs italiens faisant évoluer leurs joueurs avec des cordes à l'entrainement faisant bouger les différentes composantes de l'équipe ensemble pour être le mieux organisé possible et surtout anticiper ce que va faire le partenaire. NON je n'ai pas mon diplôme et OUI je suis conscient que je serais bien moins compétent que l'ancien directeur de la formation.

La trève internationale fera du bien. Le coach doit réussir pendant cette période à imprimer des schémas de jeu (et sur phases arrêtées) efficaces et adaptées aux caractéristiques des joueurs. Le chantier est vaste, l'excuse des nouveaux arrivants valable. Le 4-2-3-1 avec Martin en guest ne fonctionnant pas, Guion "la foire fouille" doit trouver non pas une alternative mais une solution de départ amenant un semblant d'embellie dans le jeu, de l'entrain à ses joueurs, de l'émotion aux supporters, et des victoires au Stade de Reims !

Thibaut - @OdaïrFortès7Fan

images : gettyimages - Anthony Dibon et Francebleu.

Clean sheet et matchs de merde...