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Mon bilan de la saison 2017-2018 du Stade de Reims…

Mon bilan de la saison 2017-2018 du Stade de Reims…

Bon évacuons d’entrée les sujets difficiles et disons-le franco, la rédaction de cet article m’a été demandée avec une certaine insistance par "A La Rémoise". Cette bande de supporters du Stade de Reims composée, entre autres, d’un marathonien amateur cultivé et d’un supporter se croyant drôle, cette bande de bloggers qui met un mois et demi pour réaliser la mise à jour des résultats du concours (truqué) de pronostics qu’elle organise, est tellement désespérée de recevoir des articles qu’elle en est venue à me proposer de me rémunérer pour écrire ce billet. Oui, à me rémunérer ! Et une rémunération à 4 chiffres par page ! Alors une gratte à 4 chiffres par page, ça ne se refuse pas ! Et inutile de vous dire que j’écris ma bafouille en caractères taille 32… Quand je pense que grâce au prélèvement à la source, ce petit bonus sera totalement défiscalisé, je n’ai que 4 mots à dire : "Merci A La Rémoise".

Les choses étant posées, revenons au sujet qui nous intéresse. Le bilan de la saison 2017-2018 du Stade de Reims. Les adjectifs "fantastique et inespéré" peuvent être proposés pour résumer un début de réponse. Une montée aussi facile en Ligue1, qui l’aurait rêvée ? Alors que d’ordinaire chaque année à cette époque je suis victime simultanément d’allergie au pollen et d’onychophagie, cette année, si mes yeux sont rouges, le bout de mes doigts laisse à penser que je sors de chez Maeva (les plus fidèles supporters comprendront).  Mais revenons à notre sujet pour lequel le plus intéressant demeure de tenter d’expliquer ce bilan. Y a-t-il une recette magique, Guion, Dumont et Raymond ont-il trouvé la martingale ?

Bien sûr, il n’existe pas qu’une seule raison permettant de comprendre pourquoi ce qui était impossible à réaliser depuis si longtemps au Stade de Reims est devenu possible cette saison. Pourquoi cette saison a montré qu’il était possible de produire du jeu ET de gagner en Ligue2, pourquoi il était légitime de gueuler contre la daube proposée par le style Der Zakarian (la MDZTouch) l’an dernier.

Cette saison exceptionnelle est sans aucun doute le résultat du cumul de différents facteurs qui, additionnés, ont permis d’obtenir ce bilan qui nous réjouit tous. Je vais donc énumérer plusieurs raisons. Chacun y associera l’importance qu’il veut mais n’oublions pas que le haut niveau se joue sur des détails. Des raisons a priori insignifiantes peuvent donc aussi être considérées comme capitales au final.

La première raison qui me vient à l’esprit est l’éloignement de Reims d’Arnaud Valadon. Arnaud, comme chacun sait est un enfant du Sportiplex. Aussi avait-il l’habitude de se présenter comme un spécialiste du sport. Il ajoutait souvent avec son œil brillant et coquin que nous connaissons : "spécialiste de tous les genres de sports…" Sans y voir à mal, Arnaud avait pris l’habitude de revêtir de longues robes. Disons-le, la vue de cet accoutrement bien particulier avait jeté une sorte de trouble dans le vestiaire rémois. Aussi, lors des conférences d’avant match auxquelles Arnaud assistait avec une assiduité qui lui a valu admiration et reconnaissance dans sa profession, certains joueurs venaient avec des cheveux décolorés quand d’autres rasaient les murs… Les coaches successifs que le Stade de Reims a connus récemment en perdaient parfois leur phrasé ? Voilà, voilà, voilà….

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Arnaud en tenue pour ses afters

Le debrief de France Bleu Champagne Ardenne n’a pas survécu aux extravagances d’Arnaud et sur les mêmes ondes, Christelle Lapierre et son fidèle psychiatre pourraient consacrer une émission, le jeudi, à nous commenter le cas d’Arnaud. Cependant, la lecture de "Vos gestes disent tout haut ce que vous pensez tout bas" par Stephen Bunard me parait largement suffisante pour tout comprendre. Arnaud parti dans l’anonymat de la capitale, anonymat qui autorise tous les excès, c’est tout le vestiaire rémois qui a retrouvé la sérénité…

La seconde raison qui explique cette saison sans pareil est le sponsor. Et je le nomme, après tout peut être que ça me vaudra quelques caisses de ce délicieux breuvage écossais ou un moins 20% en caisse, c’est "le Centre commercial Reims Village Hyper U". Après les ascenseurs extrème-orientaux, le Stade de Reims a astucieusement misé sur la consommation locale. Avez-vous vu sur la vidéo mise en ligne le club avec quel enthousiasme les joueurs du Stade de Reims se sont rués chez Conforama ? Avez-vous remarqué cette frénésie de dépense ? Et cette volupté à se rouler dans le canapé clic-clac bas de gamme et bon marché ? Distribuer une carte U à chacun des joueurs en début de saison a été le truc qui a soudé l’équipe. Quoi de mieux que de se retrouver après l’entrainement à pousser le caddie de l’Hyper U rémois ? Pendant que les joueurs passaient des heures à suer sur les terrains du CdV Raymond Kopa, leurs femmes et compagnes pouvaient accumuler sans compter les points sur leur carte U. Avec Der Zakarian, les joueurs fatigués par les 2 heures de muscu quotidiennes imposées par Laurent Bessière rentraient chez eux pour entendre : "Ah, c’est à cette heure-ci que tu rentres !". Cette saison, ces dames font leur shopping à l’Hyper U, elles rentrent à la maison le chariot plein et l’esprit léger. Et comme chacun sait, un joueur heureux chez lui, c’est un joueur heureux sur le terrain.  En plus, finies des querelles de supériorité des produits "Marque Repère" ou "Reflets de France". U pour tous, Tous pour U !

U : l’team.

Mais évidemment, il existe aussi des raisons sportives à cette saison d’anthologie. La méthode Guion basée sur un effacement personnel et une mise en valeur des joueurs est un exemple à suivre. Avec Der Zakarian, les victoires étaient de son fait, les défaites étaient de la faute des joueurs. Les joueurs ne savaient pas défendre, ne savaient pas tirer un pénalty, ne savaient pas conserver un résultat… Guion a su valoriser les performances des joueurs, les responsabiliser. Alors, bien sûr, c’est facile à faire quand les résultats sont là. C’est aussi délicat de savoir si la méthode Guion a permis les résultats ou si les résultats ont permis à Guion d’apposer sa patte. L’entrée de Kyei contre ACA en est le meilleur exemple. Que n’aurait-on pas entendu en cas de contre-performance… Mais le but de Grejohn a coupé court à toute discussion sur l’opportunité du changement, Guion est devenu un génie du coaching !

Le recrutement de Marvin Martin est aussi une raison à cette saison historique. La frilosité du Président Caillot en matière de recrutement a souvent été décriée. Mais il faut savoir que le recrutement d’une star réclamant un salaire mirobolant est une cause classique d’éclatement du vestiaire. Les agents des autres joueurs ont vite fait de réclamer pour leur(s) poulain(s) un salaire aligné sur celui de la dite star. Et c’est l’inflation qui commence, la jalousie qui gangrène le vestiaire, l’équipe qui se fissure. La star au salaire démesurée sera alignée dans les 18 même si elle est peu performante, juste pour justifier le salaire qui lui est versé. Avec Martin, ce genre de problème est impossible, il joue si peu que personne ne peut l’envier. Il ne peut rien revendiquer, ne peut prendre la place de personne. Il ne fait de l’ombre à personne… Bon camarade, il offre des jeux vidéo sans demander la place de titulaire que son palmarès justifierait. Comme le stagiaire incompétent dans ma boite qui amène des croissants chaque matin et qu’on peut engueuler parce qu’il n’a pas apporté de pains aux raisins. Il soude l’équipe sans chercher à s’y introduire. Une merveille !

Autre joueur exemplaire : Da Cruz. Il multiplie les chandelles et chaque contrôle qu’il fait voit la balle lui fuir des pieds. Mais quel meilleur exemple pour un jeune du centre de formation : Travaille dur et tu prendras la place de Dany. Les jeunes du centre de formation du PSG fuient le club, ils savent que devenir titulaire est une tâche insurmontable. Ceux de Lyon partent en prêt en L2. Les nôtres savent que l’équipe première est à portée de fusil. Ni Pinson, ni Aouladzian n’appréhendent en signant à Reims : une équipe dont Da Cruz est capitaine…

Le Stade de Reims, cette saison, c’était l’équipe de tous les possibles. Le terrain n’a fait que traduire cet état d’esprit.

Alors cette stratégie peut-elle être gagnante deux années de suite ? Voilà la question…

La Ligue1, c’est un autre monde et savoir y garder une équipe soudée comme cette année est un vrai challenge. Qui dit Ligue1 dit retour de toutes les tentations, de toutes les folies. Finies les interviews bon enfant de Robert Malm en fin de match. C’est de la journaliste sportive de charme qui va revenir à Delaune. Celle à la chevelure blonde platine, à la poitrine surgonflée, à la jupe ultra-courte ou au pantalon de cuir ultra-moulant… le tout grimpé sur des talons vertigineux. Voilà pourquoi la Ligue1 demande des joueurs d’expérience. Il faut savoir garder le pied chaud et la tête froide.

Préparer nos bons petits gars à résister au chant des sirènes, c’est le travail auquel notre trio technique doit s’atteler dès maintenant. Nous lui présentons tous nos vœux de réussite.

Jérémy Zedeprix - @Au2lN

Photo : 100%StadeDeReims

Mon bilan de la saison 2017-2018 du Stade de Reims…